27 juillet, 2026

UN HOMME CONDAMNÉ POUR LE MEURTRE DE VÍCTOR JARA A ÉTÉ ARRÊTÉ AU CHILI

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 EX COLONEL DE L'ARMÉE DE TERRE
NELSON EDGARDO HAASE MAZZEI


La Police du Chili a arrêté un ancien militaire en fuite condamné pour le meurtre de Víctor Jara / La Police du Chili capture l'ex-militaire Nelson Edgardo Haase Mazzei , fugitif et condamné pour l'assassinat et l'enlèvement du chanteur Víctor Jara et de Littré Quiroga. / Haase Mazzei, condamné pour les meurtres du chanteur-compositeur Víctor Jara et du directeur général des Prisons de l'époque, Littré Quiroga, commis après le coup d'État du 11 septembre 1973 dirigé par le dictateur Augusto Pinochet.

Demócrata.es

VÍCTOR JARA ET LITTRÉ QUIROGA

La ministre en visite pour les affaires de Droits de l'Homme de la Cour d'Appel de Santiago, Paola Plaza, a ordonné que Mazzei entre en prison "pour sa responsabilité dans les crimes d'homicide et d'enlèvement du directeur des prisons, Littré Quiroga et du chanteur-compositeur, Víctor Jara", selon ce qu'a informé le pouvoir judiciaire chilien dans un communiqué.

 EX COLONEL DE L'ARMÉE DE TERRE
NELSON EDGARDO HAASE MAZZEI
À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

En août 2023, la Cour Suprême du Chili a imposé des peines de 25 ans de prison à sept ex-militaires, dont Mazzei, pour l'enlèvement et l'homicide qualifié de l'artiste et du directeur des prisons Littré Quiroga Carvajal, confirmant ainsi un jugement précédent de la cour d'appel de Santiago.

► À lire aussi :        LA MORT DE LA DANSEUSE JOAN JARA

Parmi les condamnés figuraient également Hernán Chacón Soto, Raúl Jofré González, Ernesto Bethke Wulf, Edwin Dimter Bianchi et Juan Jara Quintana, tandis que Rolando Melo Silva a reçu une peine pour complicité dans l'enlèvement et le meurtre de Jara, qui en plus d'être chanteur-compositeur était poète et activiste politique.

AFFICHE POUR RENDRE D'HOMMAGE
 À VÍCTOR JARA ET LITTRÉ QUIROGA


Chacón Soto s'est suicidé avant que la Brigade des Droits de l'Homme de la Police d'Investigations chilienne n'arrive à son domicile pour l'arrêter et le transférer à la prison de Punta Peuco, établissement où purgent leur peine des militaires et des agents de l'État responsables de violations des Droits de l'Homme durant la dictature.

Le coup d'État d'Augusto Pinochet en septembre 1973 a renversé le président progressiste Salvador Allende et instauré une dictature autoritaire et fortement répressive qui s'est prolongée jusqu'en 1990, laissant plus de 3.200 victimes mortelles et 28.000 personnes soumises à des tortures.

« Plus de 50 ans se sont écoulés depuis les meurtres brutaux de Víctor Jara et Littré Quiroga.
 / Ce n’est qu’en 2023 que justice a été rendue et que leurs assassins ont été condamnés.
 / Nelson Haase Mazzei a été condamné à 25 ans et 2 jours de prison, mais il était depuis lors en fuite.
 / Il a été arrêté hier.  / Il est temps qu’il purge la peine prononcée par la justice. 
/ La justice, rien de plus, mais rien de moins non plus ! »
          
FLYER PCCH

Jara, militant du Parti Communiste, a été arrêté peu après le coup d'État avec d'autres professeurs et étudiants et emmené au Stade National du Chili, qui porte aujourd'hui son nom. Là, il a été torturé pendant des heures et finalement exécuté par balles. Son meurtre est rapidement devenu l'un des grands symboles de la répression de cette période.

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DESSIN ENEKO LAS HERAS

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28 mai, 2026

HOMMAGE À VICTOR JARA : LE PCF CONTRE-ATTAQUE À BÉZIERS

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VICTOR JARA LORS D’UN CONCERT CONTRE
LA GUERRE AU VIETNAM, À HELSINKI, EN 1969.
PHOTO HANNU LINDROOS LEHTIKUVA - KETOLA

Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers / Alors que le maire de Béziers réécrit l’Histoire et tente de récupérer la figure de Victor Jara, chanteur mais surtout militant communiste chilien assassiné par Pinochet, en organisant un hommage le 27 mai, la section biterroise du PCF réplique en préparant son propre hommage.    (La Marseillaise)

par Laurent François

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Midi Libre
Après l’inauguration officielle du buste de Victor Jara à Béziers, sur l’allée de l’Ukraine, les communistes biterrois ont aussi salué la mémoire de l’artiste chilien torturé et tué lors du coup d’État militaire de son pays en 1973. Ils ont tenu à rappeler qu’il était membre du Parti communiste.

UNE SOIXANTAINE DE PERSONNES SE SONT RASSEMBLÉ
DEVANT LE BUSTE DE L'ARTISTE CHILIEN.
PHOTO LAURENT FRANÇOIS

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

En musique de fond, sur la sono, des chansons de Victor Jara. Il est midi passé, ce mercredi 27 mai, à Béziers, place du 14-Juillet, sur l’allée de l’Ukraine libre, où trônent les bustes de neuf autres personnes. Sur une banderole blanche, il est inscrit à côté du nom de l’artiste chilien "Presente". Il s’agit du titre d’un des albums de celui qui fut torturé avant d’être abattu en 1973, lors du coup d’État mené par l’armée chilienne et le général Pinochet.

VICTOR JARA À PARIS EN 1961

Victor Jara était membre du Parti communiste. C’est à cet égard que, seulement quelques heures après l’inauguration du buste par Robert Ménard, le maire de Béziers, les communistes biterrois, mais aussi la CGT, l’Arac, France Cuba et les Amis chiliens ont tenu, eux aussi, à inaugurer le buste de Victor Jara.

"Victor Jara était un militant politique membre du Parti communiste"

"Comme l’a fait Robert Ménard, nous avons voulu mettre en lumière Victor Jara, mais en y apportant le contexte politique, explique Jean-Marc Biau, le secrétaire de la section du PCF de Béziers. Il ne faut pas oublier qu’il était un militant politique et membre du Parti communiste. Nous savions que le maire n’en parlerait pas, niant son engagement au PC. Il fait de même quand il commémore, chaque année, la mémoire de Pierre Sémard, le résistant cheminot fusillé par les nazis, oubliant ses origines politiques de premier dirigeant de la CGT et du Parti communiste français."

De son côté, la Chilienne Clara Mahue, qui fut une des victimes de la dictature de son pays, avait été une des premières communistes à monter au créneau en apprenant que Robert Ménard allait faire sculpter un buste en hommage à Victor Jara. Dans son allocution, elle regretta, entre autres, "une appropriation inacceptable d’un symbole de la gauche. Victor Jara était aux antipodes des idées de Robert Ménard."

La petite cérémonie, qui avait réuni une soixantaine de personnes, s’est achevée par l’interprétation d’une chanson de Victor Jara : El derecho de vivir en paz, le droit de vivre en paix. Quelques minutes plus tôt, dans son allocution, Jean-Claude Llinares, de l’Arac, avait souligné que la "paix est le bien le plus précieux de l’humanité."

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26 mai, 2026

VICTOR JARA : UN SYMBOLE DE LA GAUCHE RÉCUPÉRÉ PAR L’EXTRÊME DROITE À BÉZIERS

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FLYER VILLE-BEZIERS


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L'Humanité
Nous publions cet appel lancé par l’association des ex-prisonniers politiques chiliens en France et soutenu par plusieurs mouvements des droits humains en Amérique latine. / Robert Ménard, maire de Béziers, a annoncé qu’il inaugurera le 27 mai un buste de Víctor Jara, figure emblématique de la chanson révolutionnaire chilienne, assassiné par la dictature de Pinochet en 1973. Il s’agit d’une appropriation inacceptable d’un symbole de la gauche par celui qui représente tout ce contre quoi Víctor Jara a lutté, à l’heure où la menace fasciste s’accroît dangereusement dans le monde entier.

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Discours de monsieur Robert Ménard, maire de Béziers

Tribunes Publié le 26 mai 2026

ROBERT MÉNARD À BÉZIERS
 LE 15 NOVEMBRE 2025 
PHOTO SYLVAIN THOMAS
Qui est Robert Ménard ? Après avoir milité dans sa jeunesse au sein de la Ligue communiste révolutionnaire puis du Parti socialiste, il a opéré un virage radical, embrassant des positions d’extrême droite.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Durant sa présidence de Reporters sans frontières (1985-2008), sous prétexte de défendre la liberté de la presse, il a principalement mené des campagnes contre Cuba et le Venezuela chaviste. Ainsi, en 2003, RSF a été condamnée par les tribunaux français pour utilisation abusive de la célèbre photographie d’Ernesto Che Guevara prise par Alberto Korda. L’organisation avait superposé le visage du Che sur l’image d’un CRS levant sa matraque contre un étudiant en mai 1968 à Paris, en y ajoutant le commentaire : « Bienvenue à Cuba, la plus grande prison du monde pour les journalistes. »

Élu maire de Béziers en 2014 avec le soutien du Front National (devenu depuis Rassemblement National), Robert Ménard a systématiquement mené une politique de stigmatisation des immigrés et un soutien inconditionnel à la politique génocidaire d’Israël.

Le buste de Víctor Jara sera installé sur l’allée « Ukraine libre » à Béziers, où se côtoient étrangement des résistants assassinés par le fascisme avec des « victimes du communisme ».

On peut également voir dans cette allée les bustes de deux victimes israéliennes de l’attaque du Hamas du 7 octobre, mais aucun des plus de cent mille civils palestiniens tués par l’armée israélienne à Gaza, aucun des 20 000 enfants tués par les bombes ou abattus de sang-froid.

Dans le numéro de mai du Journal du Biterrois, journal officiel de la ville et de l’agglomération de Béziers, une sorte de roman-photo décrit Víctor comme « le grand chanteur populaire du Chili. Révolté contre l’injustice, il s’est engagé auprès du président Salvador Allende », omettant sciemment son appartenance au Parti Communiste chilien, sa lutte pour une société socialiste, sa défense de la révolution cubaine, c’est-à-dire tout ce qui le situait aux antipodes des positions de Robert Ménard.

Nous n’avons aucun recours légal pour empêcher M. Ménard de profiter de l’image de Víctor Jara pour blanchir la sienne, en détournant l’histoire en la vidant de sa dimension politique ; nous ne pouvons que dénoncer la bassesse et la médiocrité de sa manœuvre de récupération de cet héritage.

La lutte continue, et nous maintiendrons notre soutien au mouvement populaire chilien, qui s’oppose actuellement au gouvernement ultra-réactionnaire de José Antonio Kast, partisan de Pinochet, qui a déclaré qu’il examinerait et étudierait toutes les demandes de grâce, sans exception, y compris celles émanant de personnes condamnées pour crimes contre l’humanité. Cette mesure pourrait fort bien profiter aux assassins de Víctor Jara.

Signataires :

Association des ex-prisonniers politiques chiliens en France

Avec le soutien de :

Fondation Víctor Jara (Chili)

Association 40 guitares pour Victor Jara

Federation D'associations Chiliennes En France (Fedach France)

France Amérique Latine (FAL)

Comité international pour la liberté de Mauricio Hernández Norambuena

Collectif Droits Humains au Chili (France)

Réseau International d’Appui aux Prisonniers Politiques au Chili (RIAPPECH)

Terre et Liberté pour Wallmapu

Rodrigo Arenas, député LFI,

Mireille Fanon Mendès-France, ex-présidente du Groupe de travail d’experts sur les afro-descendants (Commission des droits de l’homme, ONU).