27 juillet, 2026

UN HOMME CONDAMNÉ POUR LE MEURTRE DE VÍCTOR JARA A ÉTÉ ARRÊTÉ AU CHILI

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 EX COLONEL DE L'ARMÉE DE TERRE
NELSON EDGARDO HAASE MAZZEI


La Police du Chili a arrêté un ancien militaire en fuite condamné pour le meurtre de Víctor Jara / La Police du Chili capture l'ex-militaire Nelson Edgardo Haase Mazzei , fugitif et condamné pour l'assassinat et l'enlèvement du chanteur Víctor Jara et de Littré Quiroga. / Haase Mazzei, condamné pour les meurtres du chanteur-compositeur Víctor Jara et du directeur général des Prisons de l'époque, Littré Quiroga, commis après le coup d'État du 11 septembre 1973 dirigé par le dictateur Augusto Pinochet.

Demócrata.es

VÍCTOR JARA ET LITTRÉ QUIROGA

La ministre en visite pour les affaires de Droits de l'Homme de la Cour d'Appel de Santiago, Paola Plaza, a ordonné que Mazzei entre en prison "pour sa responsabilité dans les crimes d'homicide et d'enlèvement du directeur des prisons, Littré Quiroga et du chanteur-compositeur, Víctor Jara", selon ce qu'a informé le pouvoir judiciaire chilien dans un communiqué.

 EX COLONEL DE L'ARMÉE DE TERRE
NELSON EDGARDO HAASE MAZZEI
À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

En août 2023, la Cour Suprême du Chili a imposé des peines de 25 ans de prison à sept ex-militaires, dont Mazzei, pour l'enlèvement et l'homicide qualifié de l'artiste et du directeur des prisons Littré Quiroga Carvajal, confirmant ainsi un jugement précédent de la cour d'appel de Santiago.

► À lire aussi :        LA MORT DE LA DANSEUSE JOAN JARA

Parmi les condamnés figuraient également Hernán Chacón Soto, Raúl Jofré González, Ernesto Bethke Wulf, Edwin Dimter Bianchi et Juan Jara Quintana, tandis que Rolando Melo Silva a reçu une peine pour complicité dans l'enlèvement et le meurtre de Jara, qui en plus d'être chanteur-compositeur était poète et activiste politique.

AFFICHE POUR RENDRE D'HOMMAGE
 À VÍCTOR JARA ET LITTRÉ QUIROGA


Chacón Soto s'est suicidé avant que la Brigade des Droits de l'Homme de la Police d'Investigations chilienne n'arrive à son domicile pour l'arrêter et le transférer à la prison de Punta Peuco, établissement où purgent leur peine des militaires et des agents de l'État responsables de violations des Droits de l'Homme durant la dictature.

Le coup d'État d'Augusto Pinochet en septembre 1973 a renversé le président progressiste Salvador Allende et instauré une dictature autoritaire et fortement répressive qui s'est prolongée jusqu'en 1990, laissant plus de 3.200 victimes mortelles et 28.000 personnes soumises à des tortures.

« Plus de 50 ans se sont écoulés depuis les meurtres brutaux de Víctor Jara et Littré Quiroga.
 / Ce n’est qu’en 2023 que justice a été rendue et que leurs assassins ont été condamnés.
 / Nelson Haase Mazzei a été condamné à 25 ans et 2 jours de prison, mais il était depuis lors en fuite.
 / Il a été arrêté hier.  / Il est temps qu’il purge la peine prononcée par la justice. 
/ La justice, rien de plus, mais rien de moins non plus ! »
          
FLYER PCCH

Jara, militant du Parti Communiste, a été arrêté peu après le coup d'État avec d'autres professeurs et étudiants et emmené au Stade National du Chili, qui porte aujourd'hui son nom. Là, il a été torturé pendant des heures et finalement exécuté par balles. Son meurtre est rapidement devenu l'un des grands symboles de la répression de cette période.

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DESSIN ENEKO LAS HERAS

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28 mai, 2026

HOMMAGE À VICTOR JARA : LE PCF CONTRE-ATTAQUE À BÉZIERS

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VICTOR JARA LORS D’UN CONCERT CONTRE
LA GUERRE AU VIETNAM, À HELSINKI, EN 1969.
PHOTO HANNU LINDROOS LEHTIKUVA - KETOLA

Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers / Alors que le maire de Béziers réécrit l’Histoire et tente de récupérer la figure de Victor Jara, chanteur mais surtout militant communiste chilien assassiné par Pinochet, en organisant un hommage le 27 mai, la section biterroise du PCF réplique en préparant son propre hommage.    (La Marseillaise)

par Laurent François

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Midi Libre
Après l’inauguration officielle du buste de Victor Jara à Béziers, sur l’allée de l’Ukraine, les communistes biterrois ont aussi salué la mémoire de l’artiste chilien torturé et tué lors du coup d’État militaire de son pays en 1973. Ils ont tenu à rappeler qu’il était membre du Parti communiste.

UNE SOIXANTAINE DE PERSONNES SE SONT RASSEMBLÉ
DEVANT LE BUSTE DE L'ARTISTE CHILIEN.
PHOTO LAURENT FRANÇOIS

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

En musique de fond, sur la sono, des chansons de Victor Jara. Il est midi passé, ce mercredi 27 mai, à Béziers, place du 14-Juillet, sur l’allée de l’Ukraine libre, où trônent les bustes de neuf autres personnes. Sur une banderole blanche, il est inscrit à côté du nom de l’artiste chilien "Presente". Il s’agit du titre d’un des albums de celui qui fut torturé avant d’être abattu en 1973, lors du coup d’État mené par l’armée chilienne et le général Pinochet.

VICTOR JARA À PARIS EN 1961

Victor Jara était membre du Parti communiste. C’est à cet égard que, seulement quelques heures après l’inauguration du buste par Robert Ménard, le maire de Béziers, les communistes biterrois, mais aussi la CGT, l’Arac, France Cuba et les Amis chiliens ont tenu, eux aussi, à inaugurer le buste de Victor Jara.

"Victor Jara était un militant politique membre du Parti communiste"

"Comme l’a fait Robert Ménard, nous avons voulu mettre en lumière Victor Jara, mais en y apportant le contexte politique, explique Jean-Marc Biau, le secrétaire de la section du PCF de Béziers. Il ne faut pas oublier qu’il était un militant politique et membre du Parti communiste. Nous savions que le maire n’en parlerait pas, niant son engagement au PC. Il fait de même quand il commémore, chaque année, la mémoire de Pierre Sémard, le résistant cheminot fusillé par les nazis, oubliant ses origines politiques de premier dirigeant de la CGT et du Parti communiste français."

De son côté, la Chilienne Clara Mahue, qui fut une des victimes de la dictature de son pays, avait été une des premières communistes à monter au créneau en apprenant que Robert Ménard allait faire sculpter un buste en hommage à Victor Jara. Dans son allocution, elle regretta, entre autres, "une appropriation inacceptable d’un symbole de la gauche. Victor Jara était aux antipodes des idées de Robert Ménard."

La petite cérémonie, qui avait réuni une soixantaine de personnes, s’est achevée par l’interprétation d’une chanson de Victor Jara : El derecho de vivir en paz, le droit de vivre en paix. Quelques minutes plus tôt, dans son allocution, Jean-Claude Llinares, de l’Arac, avait souligné que la "paix est le bien le plus précieux de l’humanité."

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26 mai, 2026

VICTOR JARA : UN SYMBOLE DE LA GAUCHE RÉCUPÉRÉ PAR L’EXTRÊME DROITE À BÉZIERS

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FLYER VILLE-BEZIERS


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L'Humanité
Nous publions cet appel lancé par l’association des ex-prisonniers politiques chiliens en France et soutenu par plusieurs mouvements des droits humains en Amérique latine. / Robert Ménard, maire de Béziers, a annoncé qu’il inaugurera le 27 mai un buste de Víctor Jara, figure emblématique de la chanson révolutionnaire chilienne, assassiné par la dictature de Pinochet en 1973. Il s’agit d’une appropriation inacceptable d’un symbole de la gauche par celui qui représente tout ce contre quoi Víctor Jara a lutté, à l’heure où la menace fasciste s’accroît dangereusement dans le monde entier.

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Discours de monsieur Robert Ménard, maire de Béziers

Tribunes Publié le 26 mai 2026

ROBERT MÉNARD À BÉZIERS
 LE 15 NOVEMBRE 2025 
PHOTO SYLVAIN THOMAS
Qui est Robert Ménard ? Après avoir milité dans sa jeunesse au sein de la Ligue communiste révolutionnaire puis du Parti socialiste, il a opéré un virage radical, embrassant des positions d’extrême droite.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Durant sa présidence de Reporters sans frontières (1985-2008), sous prétexte de défendre la liberté de la presse, il a principalement mené des campagnes contre Cuba et le Venezuela chaviste. Ainsi, en 2003, RSF a été condamnée par les tribunaux français pour utilisation abusive de la célèbre photographie d’Ernesto Che Guevara prise par Alberto Korda. L’organisation avait superposé le visage du Che sur l’image d’un CRS levant sa matraque contre un étudiant en mai 1968 à Paris, en y ajoutant le commentaire : « Bienvenue à Cuba, la plus grande prison du monde pour les journalistes. »

Élu maire de Béziers en 2014 avec le soutien du Front National (devenu depuis Rassemblement National), Robert Ménard a systématiquement mené une politique de stigmatisation des immigrés et un soutien inconditionnel à la politique génocidaire d’Israël.

Le buste de Víctor Jara sera installé sur l’allée « Ukraine libre » à Béziers, où se côtoient étrangement des résistants assassinés par le fascisme avec des « victimes du communisme ».

On peut également voir dans cette allée les bustes de deux victimes israéliennes de l’attaque du Hamas du 7 octobre, mais aucun des plus de cent mille civils palestiniens tués par l’armée israélienne à Gaza, aucun des 20 000 enfants tués par les bombes ou abattus de sang-froid.

Dans le numéro de mai du Journal du Biterrois, journal officiel de la ville et de l’agglomération de Béziers, une sorte de roman-photo décrit Víctor comme « le grand chanteur populaire du Chili. Révolté contre l’injustice, il s’est engagé auprès du président Salvador Allende », omettant sciemment son appartenance au Parti Communiste chilien, sa lutte pour une société socialiste, sa défense de la révolution cubaine, c’est-à-dire tout ce qui le situait aux antipodes des positions de Robert Ménard.

Nous n’avons aucun recours légal pour empêcher M. Ménard de profiter de l’image de Víctor Jara pour blanchir la sienne, en détournant l’histoire en la vidant de sa dimension politique ; nous ne pouvons que dénoncer la bassesse et la médiocrité de sa manœuvre de récupération de cet héritage.

La lutte continue, et nous maintiendrons notre soutien au mouvement populaire chilien, qui s’oppose actuellement au gouvernement ultra-réactionnaire de José Antonio Kast, partisan de Pinochet, qui a déclaré qu’il examinerait et étudierait toutes les demandes de grâce, sans exception, y compris celles émanant de personnes condamnées pour crimes contre l’humanité. Cette mesure pourrait fort bien profiter aux assassins de Víctor Jara.

Signataires :

Association des ex-prisonniers politiques chiliens en France

Avec le soutien de :

Fondation Víctor Jara (Chili)

Association 40 guitares pour Victor Jara

Federation D'associations Chiliennes En France (Fedach France)

France Amérique Latine (FAL)

Comité international pour la liberté de Mauricio Hernández Norambuena

Collectif Droits Humains au Chili (France)

Réseau International d’Appui aux Prisonniers Politiques au Chili (RIAPPECH)

Terre et Liberté pour Wallmapu

Rodrigo Arenas, député LFI,

Mireille Fanon Mendès-France, ex-présidente du Groupe de travail d’experts sur les afro-descendants (Commission des droits de l’homme, ONU).


28 septembre, 2025

ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE VICTOR JARA


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« A DESALAMBRAR » / PAROLES ET MUSIQUE DE DANIEL VIGLIETTI
 PARU DANS L'ALBUM VICTOR JARA – «PONGO EN TUS MANOS ABIERTAS... »

94ème ANNIVERSAIRE DE 
LA NAISSANCE DE VICTOR JARA 
1932 -28 SEPTEMBRE- 2026


 

Víctor Lidio Jara Martínez né à San Ignacio, région du Biobío, le 28 septembre 1932 - Mort assassiné à Santiago du Chili, le 14 septembre 1973, il fut un chanteur auteur-compositeur-interprète populaire chilien.

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« Jara n'est pas seulement un nom de famille, c'est l'écho d'une guitare,
la force d'une histoire et maintenant, l'espoir d'un pays. »






16 septembre, 2025

COMMÉMORATION DE L'ASSASSINAT DE VÍCTOR JARA


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 VÍCTOR JARA
COMMÉMORATION DU 52ème ANNIVERSAIRE
DE L'ASSASSINAT DE 
VÍCTOR JARA
1973 - 16 SEPTEMBRE - 2025

 

TOMBE DE VICTOR JARA
PHOTO INTHEMOOD
Víctor Lidio Jara Martínez, né dans la commune de San Ignacio, province de Ñuble, le 28 septembre 1932 et assassiné à Santiago, le 14 septembre 1973, était un chanteur auteur-compositeur-interprète populaire chilien. Membre du Parti communiste chilien, il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité Populaire et du président Salvador Allende.

16 septembre, 2024

2024 : « MILLE GUITARES POUR VÍCTOR JARA »

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2024 :  « MILLE GUITARES POUR VÍCTOR JARA »
DESIGN GRAPHIQUE ALEJANDRO MONO GONZÁLEZ 

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Aujourd’hui marque le 51ème anniversaire de l’assassinat de Víctor Jara. 🎶✊ Sa voix et sa musique continuent d'être un puissant symbole de résistance et de justice. En son honneur, nous vous invitons à participer à l'hommage « Mille guitares pour Víctor » en sa 12ème édition, le samedi 28 septembre prochain à 17h00. Venez commémorer son héritage avec nous et garder sa mémoire vivante ! 🌟


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DESIGN GRAPHIQUE ALEJANDRO MONO GONZÁLEZ 


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11 octobre, 2023

CINQUANTE ANS APRÈS, NOUVELLE ARRESTATION POUR LE MEURTRE DE VICTOR JARA

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Cinquante ans après, nouvelle arrestation pour le meurtre de Victor Jara / Membre du Parti communiste chilien et fervent partisan du président Salvador Allende, Victor Jara, icône de la chanson protestataire dans son pays et dans toute l’Amérique latine, est l’une des figures martyres du coup d’État de Pinochet. Il se trouvait parmi les prisonniers transférés au stade qui porte aujourd’hui son nom.
Il y a été interrogé, torturé, tué et son corps retrouvé criblé de 44 balles. Il aura fallu attendre cinquante ans pour que sept anciens militaires soient définitivement condamnés, en août dernier, pour l’enlèvement, la torture et le meurtre de l’artiste. Depuis ce 10 octobre, un nouveau nom s’ajoute à la liste. Pedro Pablo Barrientos, lui aussi ancien militaire chilien, est détenu par les services d’immigration américains à Deltona, en Floride.
UNE AFFICHE AVEC UNE BORDURE ROUGE ET UNE PHOTO EN NOIR ET BLANC DE VICTOR JARA, 
 AVEC LES MOTS « VERDAD Y JUSTICIA », LE NOM COMPLET DE M. JARA ET « EJECUTADO POLÍTICO »,
EST ACCROCHÉE À UN POTEAU DANS UN COIN DE VERDURE. D'AUTRES AFFICHES SONT MONTÉES
DE LA MÊME MANIÈRE DE CHAQUE CÔTÉ. UNE AFFICHE DE VICTOR JARA, SURNOMMÉ
LE « BOB DYLAN DE L’AMÉRIQUE DU SUD », LORS D’UN MÉMORIAL L’ANNÉE DERNIÈRE.
PHOTO JAVIER TORRES/AGENCE FRANCE-PRESSE
Il devrait être extradé au Chili où la justice le réclame depuis 2013.  « Il devra désormais y répondre à des accusations pour son implication dans la torture et les exécutions extrajudiciaires de citoyens chiliens », ont déclaré les autorités du département américain de la Sécurité intérieure.

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01 septembre, 2023

AU CHILI, LES ASSASSINS DU CHANTEUR VICTOR JARA CONDAMNÉS APRÈS UN DEMI-SIÈCLE D’IMPUNITÉ

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LORS DES FUNÉRAILLES DU CHANTEUR CHILIEN VICTOR JARA,
À SANTIAGO, LE 5 DÉCEMBRE 2009, ORGANISÉES SIX MOIS APRÈS
L’EXHUMATION DE SON CORPS ET TRENTE-SIX ANS APRÈS SA MORT.
PHOTO CLAUDIO SANTANA / AFP

Un des sept militaires rattrapés par la justice s’est suicidé mardi 29 août, le lendemain du verdict de la Cour suprême, alors que la police était venue l’arrêter à son domicile./ Il aura fallu attendre cinquante ans pour que les assassins du chanteur et compositeur Victor Jara, tué au lendemain du coup d’Etat du général Augusto Pinochet, en 1973, soient définitivement reconnus coupables par la justice chilienne. Lundi 28 août, la Cour suprême a confirmé les peines – prononcées en première instance en 2018 puis confirmées en appel en 2021 – allant de 8 à 25 ans de prison contre sept anciens militaires pour l’enlèvement, la torture et le meurtre de l’artiste. [« Un bourreau ne se rachète pas en se suicidant, mais c'est déjà quelque chose »/ Mario Benedetti ]

Par Angeline Montoya

Temps de Lecture 4 min.

LITTRÉ QUIROGA CARVAJAL, DIRECTEUR
GÉNÉRAL DES PRISONS SOUS LE
GOUVERNEMENT DE SALVADOR ALLENDE.

Agés de 73 à 85 ans et libres jusqu’à cette ultime décision, les sept militaires ont également été condamnés pour le meurtre du directeur général des prisons et militant communiste Littré Quiroga, arrêté en même temps que Victor Jara. Mais seuls six d’entre eux effectueront leur peine : mardi 29 août, alors qu’il venait d’ouvrir la porte de son domicile aux policiers venus l’arrêter, l’ancien brigadier Hernan Chacon Soto, 86 ans, condamné la veille à 25 ans de prison, s’est tué avec une arme à feu.

► À lire aussi :     CHILI: SEPT EX-MILITAIRES CONDAMNÉS POUR LE MEURTRE DU CHANTEUR VICTOR JARA SOUS LA DICTATURE

Un suicide évoqué mardi par le président chilien, Gabriel Boric, lors des obsèques d’un dirigeant historique du Parti communiste, Guillermo Teillier – mort des suites d’un Covid long. « Aujourd’hui, alors que nous sommes sur le point de commémorer les 50 ans [du coup d’Etat], d’autres meurent de manière lâche pour ne pas affronter la justice », a déclaré le chef d’Etat à la presse.

Battu à mort

L’assassinat de Victor Jara a été l’un des plus symboliques de la dictature (1973-1990), qui a fait 3 200 victimes – morts et disparus. Presque 40 000 Chiliens ont été victimes de tortures pendant cette période sombre. Trente-trois ans après la fin de la dictature, le président Boric a dévoilé mercredi 30 août un Plan national de recherche de la vérité et de la justice, pour faire la lumière sur le sort des quelque 1 200 personnes toujours disparues. Regrettant que la justice pour Victor Jara ne soit arrivé que la veille, il a affirmé lors d’une cérémonie que « la seule possibilité de construire un futur plus libre et respectueux de la vie et de la dignité humaine, c’est de connaître toute la vérité ».

Membre du Parti communiste, fervent partisan de l’Unité populaire – la coalition du président Salvador Allende élu en 1970 et renversé le 11 septembre 1973 par un putsch soutenu par Washington –, Victor Jara, âgé de 40 ans au moment de sa mort, était devenu une icône de la chanson protestataire dans son pays et dans toute l’Amérique latine.

Ses textes pacifistes et engagés, comme Le Droit de vivre en paix ou Prière à un laboureur, s’inspiraient de la tradition populaire et rendaient hommage aux classes défavorisées et en particulier au monde paysan, dont il était issu.

Victor Jara a été arrêté le 12 septembre 1973 sur le campus de l’Université technique de l’Etat, où il devait se produire la veille dans le cadre d’une exposition sur les dangers du fascisme. Emmené avec 5 000 autres prisonniers politiques à l’Estadio Chile, un stade de sport de la capitale transformé en centre de détention, il a été reconnu par des soldats et séparé du reste des détenus. Puis, il a été méthodiquement battu, avec acharnement, à coups de poing, de pied ou de crosse de fusil, en particulier sur son visage et sur ses mains. « On va voir si tu peux jouer de la guitare, maintenant, communiste de merde ! », lui aurait crié l’un de ses tortionnaires. Victor Jara, lui, « souriait, il souriait toujours, il avait un visage souriant, et ça rendait le facho encore plus fou », a témoigné des années plus tard un autre prisonnier, l’avocat Boris Navia, arrêté en même temps que Victor Jara.

Les corps sans vie du chanteur et de Littré Quiroga ont été jetés le 16 septembre dans un terrain vague près du cimetière métropolitain. Jara a été identifié par des passants, qui ont alerté son épouse, une danseuse et chorégraphe britannique, Joan Turner-Jara.

« Je suis entrée dans la morgue, la salle était pleine de corps nus, de cadavres empilés, nous racontait-elle lors d’une rencontre à Santiago il y a quelques années. Des corps de personnes jeunes. C’était une horreur. C’était l’enfer. Au deuxième étage, dans un couloir rempli de corps, j’ai vu Victor. Il avait des trous de mitraillette, les mains en sang, une blessure au visage et à la tête. Il était identifié comme “NN” : inconnu. On a voulu le faire disparaître, mais j’ai eu la chance de pouvoir le reconnaître. »

Après cela, se souvient celle qui a aujourd’hui 96 ans, « il a fallu le dire à ses filles », Manuela, 12 ans, fille d’un premier mariage de Joan mais élevée par Victor comme sa propre enfant, et Amanda, 8 ans. Joan Turner-Jara a alors enterré son mari de manière quasi clandestine. En décembre 2009, la justice a ordonné l’exhumation du corps. L’autopsie révélera cinquante-six fractures osseuses et quarante-quatre impacts de balles. Victor Jara a ensuite pu être dignement enterré au cours d’une cérémonie qui a rassemblé des milliers de Chiliens et en présence de la présidente de l’époque, Michelle Bachelet.

Possible extradition des États-Unis

C’est donc deux semaines seulement avant la commémoration des 50 ans du coup d’Etat – et de l’enlèvement de son mari – que Joan Turner-Jara a obtenu justice. Elle avait porté plainte en 1978, mais l’affaire n’avait été rouverte et portée devant les tribunaux qu’après l’arrestation d’Augusto Pinochet à Londres en 1998, et grâce à l’opiniâtreté de l’avocat de la famille, Nelson Caucoto.

« Le motif principal des agressions a été [l’]activité artistique, culturelle et politique [de Victor Jara], étroitement liée au gouvernement qui venait d’être renversé », ont écrit les magistrats de la Cour suprême dans leur verdict unanime contre les sept militaires.

Un huitième accusé, Pedro Barrientos, se trouve aux Etats-Unis, où il a fui en 1990 au retour de la démocratie au Chili, et où il a obtenu la nationalité américaine grâce à un mariage. En 2016, un tribunal de Floride l’avait reconnu coupable de l’assassinat du chanteur-compositeur et condamné à payer 28 millions de dollars à sa veuve. En juillet dernier, la justice américaine a révoqué sa naturalisation, au motif qu’il l’avait obtenue en mentant sur son passé et en omettant de déclarer qu’il avait participé à des crimes. Cette décision doit ouvrir la porte à son extradition, espère M. Caucoto.

En 1966, Victor Jara avait composé La Chanson du soldat : « Soldat, ne tire pas sur moi, soldat, je sais que ta main tremble, soldat, ne tire pas sur moi », chantait-il alors de manière prémonitoire. Quelques heures avant d’être exécuté, il a réussi à griffonner un dernier poème, connu sous les titres Somos cinco mil (« nous sommes cinq mille ») ou Estadio Chile. « Comme le visage du fascisme fait peur ! », s’y étonnait-il. En 2003, l’Estadio Chile a été rebaptisé Estadio Victor-Jara.

Angeline Montoya

Angeline Montoya

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    29 décembre, 2022

    VÍCTOR JARA AU FESTIVAL BARNASANTS EN ESPAGNE

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    AFFICHE DU AU FESTIVAL BARNASANTS 

    Madrid, 28 décembre 2022. Le souvenir de l'auteur-compositeur-interprète chilien Víctor Jara à l'occasion du 50e anniversaire de son assassinat et Cuba comme pays invité seront les points forts du 28e festival BarnaSants en Espagne.

    Prensa Latina

    FESTIVAL BARNASANTS 2023
     - 28ÈME ÉDITION

    Un événement unique dans plusieurs villes de Catalogne, qui se tiendra de janvier à mai 2023 avec plus de 90 concerts et dont l'affiche graphique rend hommage à Jara, abattu par la dictature d'Augusto Pinochet le 16 septembre 1973, après avoir été sauvagement torturé.

    Dans le chapitre « Cuba » l'événement, qui doit son nom à son premier lieu : Cocheras de Sants dans le quartier de Sants en Catalogne, tiendra 10 récitals en mémoire de Vicente Feliú et Pablo Milanés, décédés respectivement en 2021 et 2022.

    Les voix d'Irina Gonzalez, Yadira Ferrer, Heidi Igualada, Marta Campos, Inti Santana, Leonardo Garcia et Yaima Orozco interpréteront des chansons de Feliu et Milanés, deux des plus grands représentants de la Nueva Trova cubaine.

    De même, Karel Garcia, considéré comme l'un des meilleurs troubadours cubains du moment, présentera sa dernière œuvre "A flor de calle", et d'autres figures locales comme Laura Simo et le piano d'Elisabet Raspall rendront hommage au musicien Francesc Burrull.

    En outre, des musiciens d'Argentine, de France et d'Italie se produiront au festival BarnaSants, ainsi que des dizaines d'artistes espagnols.

    BarnaSants 2023 rendra hommage aux grands orchestres de festival de la Transition (entre la dictature et la démocratie espagnole). Elle débutera par de la musique de groupe au Teatre Joventut de l'Hospitalet de Llobregat le 27 janvier, afin de " revendiquer l'importance que des groupes tels que Plateria et La Salseta del Poble Sec ont eu dans les espaces de fête et de liberté ". jcc/mgt/ft



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